Lorsque Johnny Hallyday se lance dans les affaires, c’est avec peu de succès. Par exemple, la boîte de nuit L’Amnesia qu’il ouvre en 2000 près de Montparnasse, à Paris, lui coûte au moins 3 millions d’euros, selon une source citée par Capital.
Dans ses conditions, le chanteur peinait à payer ses impôts. Au début de sa carrière, son manager Johnny Stark, omet de payer les impôts dus par Johnny Hallyday. En 1971 et 1972, ses comptables oublient de déclarer 4 millions de francs de revenus. Résultat : une condamnation à dix mois de prison avec sursis pour le chanteur et 20 000 francs d’amende en 1977.
Dans les années 90, il doit 30 millions de francs au fisc et lui fait trois chèques en bois de 9 millions. Michel Charasse, alors ministre du Budget, accepte un plan d’apurement de ses dettes qui doit lui éviter des pénalités. La perspective d’un avis à tiers détenteur, qui aurait contraint Johnny Hallyday à vivre avec 3 000 F, par mois s’éloigne.
Au début des années 2000, il doit payer 120 000 F d’impôt par jour, compte tenu d’un taux d’imposition à 65 %. Ses conseillers le poussent à se faire résident fiscal en Suisse (il possède aussi un chalet à Gstaad) pour bénéficier d’un forfait fiscal de 607 000 €. En réalité, l’opération aboutit à faire payer davantage d’impôts au chanteur car les concerts en France continuent d’être imposés en France.
Ces difficultés ont également pesé sur sa carrière musicale. Lorsqu’il négocie avec Michel Charasse, Johnny Hallyday bénéficie du soutien financier de sa maison de disques, Polydor, pas encore absorbée par Universal. Elle lui prête des millions de francs et rachète certaines de ses maisons tout en lui en laissant l’usufruit. Mais ces libéralités se paient en durée de contrat.
Quand en 2003, Johnny Hallyday coupe enfin les ponts avec Universal, sous l’influence du père de Læticia Hallyday, André Boudou, il se retrouve privé de son catalogue et des droits sur les chansons de ses débuts. Johnny Halliday, qui pour la plupart de ses chansons, n’était ni auteur ni compositeur percevait peu d’argent de la part de la Sacem (Société des auteurs-compositeurs). Il réenregistre donc en live les chansons de ses débuts pour essayer d’en tirer tout de même quelques revenus.
Johnny Hallyday semblait considérer ses dépenses comme un attribut indispensable de son statut de star internationale. Dans les années 2000, il a ainsi acheté pour plus de 6 millions d’euros un yacht immense et très onéreux.
Nécessitant la présence d’un capitaine de la marine marchande, d’un capitaine en second et d’un ingénieur moteurs, embauchés à l’année, il occasionnait des frais de 30 000 € par mois alors que son propriétaire ne s’en servait pratiquement pas.
« Je ne vais quand même pas vivre comme un comptable », répondait Johnny Hallyday à un conseiller financier qui s’arrachait les cheveux devant les dépenses du chanteur. Selon un ancien conseiller fiscal cité par Les Inrockuptibles, le train de vie de Johnny Hallyday lui coûtait 200 000 € à 400 000 € par mois, à la fin des années 2000, sans compter le remboursement de ses nombreuses propriétés.
Après la vente de la villa Lorada (1 000 m2) à Ramatuelle, en 2000, Johnny Hallyday et son épouse Læticia habitaient encore la villa La Savannah de Marnes-la-Coquette (900 m2) où le chanteur est décédé mercredi. Le couple a tenté sans succès de vendre cette villa en 2010 pour 15 à 18 millions d’euros.
À Los Angeles, Johnny Hallyday disposait d’une villa de 650 m2 dans le quartier de Pacific Palisades. C’est là que se trouvait son impressionnante collection de voitures de luxe et de motos. La villa Jade (500 m2) sur l’île de Saint-Barthélemy a été mise hors-service par l’ouragan Irma. Auparavant, elle se louait 4 200 € la nuit.